Les géniales bulles de Melvin Sokolsky
Découvrons aujourd'hui
un photographe dont les compositions surréalistes ont révolutionné la
photographie de mode dans les années 1960.
Né en 1933 à New York, Melvin Sokolsky
a passé son enfance dans le Lower East Side, un quartier modeste de
Manhattan. Le petit Melvin était particulièrement attiré par tout ce qui
était visuel.
En 1959 - il a alors 26 ans - Henry Wolf, directeur artistique de Harper’s Bazaar lui propose de rejoindre son équipe de photographes.
Une grande liberté artistique lui est accordée, et Melvin Sokolsky assouvit tous ses phantasmes photographiques, en s’inspirant des surréalistes tels que Magritte, De Chirico, ou du peintre Jérôme Bosch (15ème siècle).
Un détail du tableau "Le Jardin des délices" de ce dernier, représentant un couple nu dans une bulle transparente, lui soufflera l’inspiration pour la série Bubble Bulle.
Une grande liberté artistique lui est accordée, et Melvin Sokolsky assouvit tous ses phantasmes photographiques, en s’inspirant des surréalistes tels que Magritte, De Chirico, ou du peintre Jérôme Bosch (15ème siècle).
Un détail du tableau "Le Jardin des délices" de ce dernier, représentant un couple nu dans une bulle transparente, lui soufflera l’inspiration pour la série Bubble Bulle.
Dans les années 60, en
1963 plus précisément, Melvin Sokolsky décide donc de faire flotter les
mannequins dans l’air, dans d’énormes bulles de savon (plastique),
c'est une série photographique nommée "Bubble".
Il y avait une astuce,
bien sûr. Plus qu’une astuce, un mécanisme impressionnant de grues et
de câbles. La bulle était ensuite suspendue dans les airs...au dessus de
la ville (sans trucages).
Tout ceci disparaissait au cadrage et au tirage. On dit que Sokolsky grattait les négatifs pour faire disparaitre les câbles.
Les femmes y sont aériennes, légères, volent dans leurs bulles a dessus de Paris.
La bulle permet la proximité avec la ville et la sublimation de la mode. Frontière, transparence, complicité.
Ce travail est une fulgurance dans la vie de Sokolsky : de 1963 à 1965.
L'obsession de l'apesanteur, chez Melvin Sokolsky, apparaît de nouveau dans une série de photos prises deux ans plus tard. Nous sommes en 1965 et, cette fois-ci, les femmes volent de nouveau mais sans bulles!
Voila pour ce
photographe que j'ai découvert avec beaucoup d'amusement. Quand j'ai observé ses photos
j'ai eu du mal à mettre une date sur la réalisation, tellement moderne
et si vintage. Mais ce noir et blanc qui est si propre aux tirages
argentiques ne trompe pas, c'est un vieux photographe et un bon, dont le
regard sur les femmes est simple et classe, et les créations originales
et élégantes. Les
années 60 sont considérées à raison comme l'âge d'or de la photographie
de mode, comme celui de son émancipation. Sokolsky et sa fulgurance
créative sont parmi les meneurs de cette révolution du genre.
Les photographes de mode aujourd'hui, je les trouve très impersonnels et les photos qu'ils réalisent leurs ressemblent, elles manquent d'humanité, de féminité, la femme est considérée d'avantage comme un objet que le propre de sa représentation (humaine), bref trop d'errance dans la recherche de l'originalité tue la vérité du sujet, le juste équilibre est dur à obtenir.
J'espère que vous aurez apprécier autant que moi les photos de cet artiste qui continue aujourd'hui de faire des photos, mais en numérique! Donc au XXIème siècle, il a recommencé à faire voler la mode mais avec Photoshop!
Tout aussi léger -gracieux -panaché et intemporel...
Ici on parle de lui, et j'aime bien.
Je finirai par une de ses citations qui me parlent beaucoup: «Prendre
une photographie, c'est entamer une conversation silencieuse ; un
face-à-face en espace clos dans lequel le modèle et le photographe
dévoilent leur être dans une sorte de danse muette, escalade
grandissante de confiance et d'affinités. On se regarde l'un l'autre, on
se fantasme l'un l'autre, et ces rêveries jamais ne se rencontrent
sinon dans la photographie. »
@+
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